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Filles et garçons en analyse

Freud a découvert que tout être qui s’avance dans le langage a affaire au sexuel, et les enfants n’y échappe pas. De même il y a une prédisposition précoce à la différentiation sexuelle, « prédispositions, reconnaissables dès l’enfance » à la position masculine et à la position féminine1. Fille ? Garçon ? Homme ? Femme ? L’énigme de l’être sexué est en jeu très tôt, d’emblée même, et c’est un moyen privilégie de loger l’impossible à supporter du pulsionnel, du corps.

Mais ces prédispositions seraient-elles fixées à l’anatomie biologique de la sexuation ? La nature déterminerait-elle le destin ?

Freud a mis en évidence, la fonction déterminante de l’angoisse de castration, à laquelle viennent répondre les théories sexuelles infantiles ou l’avidité curieuse. Un « il n’y a pas », un impossible à supporter avec lequel tout un
chacun doit se débrouiller. Le phallus est au premier plan dans son élaboration qui nous indique qu’il y a face à l’angoisse de castration des modalités de réponse différentes chez le garçon et la fille.

Le cœur de la trouvaille freudienne, mis en avant par la lecture de Lacan, ne s’arrête pas aux caractères sexuels secondaires, le phallus n’est pas le pénis. Mais Lacan va plus loin, il nous offre un abord de la question qui ouvre à une praxis psychanalytique inédite. Il nous indique que ce qui sépare un garçon d’une fille, un homme d’une femme, est de l’ordre d’un rapport au phallus qui touche au pulsionnel, à la jouissance du corps. Position masculine et féminine ne sont pas équivalentes quant à la jouissance. Il y a une jouissance Autre, au-delà du phallus, qu’aucun mythe ne peut résorber. Jouissance féminine dont Freud avait commencé à explorer les contours avec le refus de la féminité.

Lacan s’en servira pour préciser ce que recèle le noyau le plus intime de chaque sujet, à partir duquel se déploie le vivant qui le constitue. À y prêter l’oreille, les enfants et adolescents que nous accueillons ont beaucoup à nous apprendre sur les modalités singulières de cette rencontrer.

C’est sur cette trace que nous allons nous aventurer cette année « en direction de l’adolescence ».

1 Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, essai intitulé « Les métamorphoses de la puberté », souligné par J.-A. Miller dans son intervention pour l’orientation de la prochaine journée de l’Institut de l’Enfant, En direction de l’adolescence, texte en ligne sur le site lacan-universite.fr
Cinq soirées ouvertes aux étudiants et aux professionnels de l’enfance :

Mardi 03 novembre 2015 : Introduction au thème
Mardi 1er décembre 2015: La différence des sexes, la fille
Mardi 1er mars 2016: La différence des sexes, le garçon
Mardi 5 avril 2016: La sortie de l’enfance
Mardi 24 mai 2016 : Métamorphoses

A 21 h, 26 rue du Hâ, Bordeaux.

Participation aux frais : 5 € – Étudiants : 3 €
Renseignements : 06 34 28 62 46

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