Psychanalyste dans la civilisation

7 janvier 2017 : Lien social et société de consumation

6 mai 2017 : Quand la clinique, c’est la politique

Octobre 2017 : désir, passion, addiction

Psychanalyste dans la civilisation, c’est dire deux choses. D’abord, qu’il y a un lien entre la psychanalyse et ce qui définit l’état d’une société. Dans un sens : que le mouvement de celle-ci influe sur la psychanalyse, sa pratique. Et dans l’autre : que la psychanalyse influe sur la société. Mais c’est dire aussi qu’il ne s’agit pas seulement d’une théorie, mais bien d’une discipline, et plus encore d’une discipline incarnée par une personne, en chair et en os : le psychanalyste. Ou plutôt : un psychanalyste.

Il s’agira donc du témoignage d’un engagement singulier, en l’occurrence de celui d’un professionnel, psychiatre, en cabinet et en institution : institution psychiatrique et institution dite « d’addictologie », institution qu’il dirige actuellement. Un cas de « collaboration » donc, comme l’indique ironiquement Lacan à-propos des travailleurs de la santé mentale. Il s’agit d’une gageure : est-il possible de tenir cette position orientée par la psychanalyse dans le Discours du Maître sans risquer la « débilité » inhérente à la confusion des discours ? Mais a contrario : est-il possible d’abandonner les institutions de soins à des gestionnaires seulement orientés par les principes sommaires de la biopolitique ?

Être psychanalyste dans la civilisation, c’est aider à supporter, partout où l’on va, la précarité singulière de l’humain menacée d’effacement par le progrès d’un certain discours : celui de la science. Nous aborderons quelques-unes de ces modalités de « nettoyage du parlêtre » comme l’exprime Jacques-Alain Miller, à–travers les questions du capitalisme et du lien social qui en découle, en particulier quant à la montée de la pulsion de mort, de sinistre actualité. Et si notre rôle est désormais politique, alors il faudra expliquer en quoi il s’agit néanmoins toujours de clinique. Le retour à la symptomatologie contemporaine des addictions, comparée à celle, surannée, des passions, nous en fournira certainement l’occasion.

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