Mercredi 11 octobre 2017 à 20h30 – Résidence Richelieu, 8 Avenue Victor Hugo à Dax.

« Miroir, ô miroir… » : S’en servir pour s’en passer.

Le narcissisme est corrélatif de la formation du Moi. Du Moi, Lacan dira qu’il est pur lieu de méconnaissance et d’aliénation. Il se forme à partir de l’image de l’autre, pas sans l’intervention du regard d’un Autre symbolique : le sujet, quel que soit son âge, se soutient d’une image. Le narcissisme unifie. Mais une part de libido n’est pas recouverte par l’image

On aime ce qu’on parait être, ou voudrait être, en prenant l’autre pour soi, avec toute l’ambivalence amour-haine. La relation narcissique porte en elle la base de l’agressivité. Lacan parle de « la structure paranoïaque du Moi » : je ne reconnais pas ce qui est en moi, je le vois chez l’autre.

Quand il ne se construit pas, le Moi vole en éclats, le sujet ne peut avoir un corps, comme en témoignent les schizophrènes.

Lacan propose le concept « d’escabeau » dans « Joyce le Symptôme », et J.-A. Miller le reprend dans sa présentation du congrès de l’AMP, « L’inconscient et le corps parlant », texte que nous avons étudié l’an dernier. L’escabeau est « ce sur quoi le parlêtre se hisse, monte pour se faire beau. C’est son piédestal qui lui permet de s’élever lui-même à la dignité de la Chose ».

Il « traduit d’une façon imagée la sublimation freudienne, mais à son croisement avec le narcissisme. »

La cure, quand elle est d’orientation lacanienne, vise une déconstruction du Moi. Il se fragmente en éclats, mais pas de manière désordonnée, comme dans la psychose. A ce moment-là, il s’agit plutôt de« s’en servir pour s’en passer ». Il y a quelque chose d’insaisissable, une perte, pour dire ce qu’est le sujet. Pour Lacan, le Moi n’est pas le sujet.

Comme l’an dernier, nous travaillerons à partir de textes théoriques, cliniques publiés et de textes littéraires.

Soirées animées par Annick Guignard et Béatrice Landaburu