Mardi 6 février 2018 à 20h30 – 26 rue du Hâ à Bordeaux

Quatrième soirée de l’Atelier de Criminologie Lacanienne/Association de La Cause Freudienne Aquitania, 2017/2018 : « La perversion est-elle un crime? »

La perversion au féminin ?

Les femmes sont souvent taxées de perverses, de manipulatrices, renvoyant à la « féminité mascarade ». Peuvent-elles se ranger du côté de la perversion, caractérisée par le déni de la castration, et considérée comme l’apanage des hommes ? Ces questions ne viennent-elles pas interroger la question féminine et ce qu’il en est de l’Autre jouissance ? Refusant l’incomplétude de l’Autre,  au delà de la solution freudienne par la maternité, et de la fonction de l’enfant fétichisé, come objet « a » venant boucher le trou dans l’Autre, des femmes le plus souvent, répondent par la mise en jeu dramatique de leur corps.

Pour l’opinion publique, homme ou femme, le pervers narcissique, a-sexué alors ? serait un danger dont il faut apprendre à se protéger.

La psychanalyse, suivant la logique de la sexuation élaborée par Lacan dans le séminaire XX peut éclairer autrement cette impasse. Alain Abelhauser développe une thèse selon laquelle il y aurait également une modalité féminine à la perversion, en référence non plus seulement à la fonction phallique, mais aussi à l’Autre jouissance. La clinique contemporaine nous enseigne que certain(e)s font sacrifice de leur corps et viennent interroger notamment l’Autre médical, mais aussi l’Autre judiciaire sur l’indicible de la jouissance féminine.

Des femmes le plus souvent, par leurs passages à l’acte envers elles-mêmes, ou leurs enfants, (Syndrome de Münchhausen, Syndrome de Münchhausen par procuration) viennent diviser l’Autre médical, Judiciaire et nous interpeller, dérangeant nos certitudes.

Nous accueillerons Rodolphe ADAM, psychanalyste à Bordeaux, membre de l’ECF et Rigo DE BORTOLI, psychiatre à Agen, membre de l’ACF-MP, co-auteurs d’un travail :
Le syndrome de Münchhausen et sa « manipulation ». Approche psychanalytique ».

« Avec les pathomimies et le syndrome de Münchhausen, le problème de la simulation et de la manipulation se posent en médecine.
Le faire « semblant » d’être malade est en effet une expérience clinique qui se rencontre dans l’institution hospitalière sous la forme masquée de plaintes et de demandes très particulières. Nous nous arrêterons en particulier sur la demande de chirurgie typique du syndrome de Münchhaüsen mais pour montrer que l’enjeu inconscient de cette exigence tient moins au fait de berner la figure médicale que d’accéder à une castration dans le réel de la chair ». 

Bernard Lamothe, membre de l’ACF, responsable de l’atelier introduira la soirée.

Nous vous attendons nombreux pour cette soirée, où il sera question des femmes dans leur approche, non sans transgression, du corps et de la jouissance.

Inscription libre par simple demande mail à danielelaufer@gmail.com