Le vendredi 22 juin, à 21h, soirée exceptionnelle, ouverte à tous !

Comme les deux années précédentes, nous laisserons carte blanche à notre invitée. Francesca Biagi-Chai , psychanalyste à Paris, et auteur du Cas Landru [1] nous a fait la joie d’accepter notre invitation.

Elle interviendra sous le titre :

Dans notre vision du monde, qu’est-ce qui de la vérité pousse à agir ?

Plus que jamais aujourd’hui, dans un monde du pousse à la transparence, la question de la vérité est posée avec une extrême acuité. Elle a toujours traversé la philosophie, la psychanalyse, mais aussi les différentes formes de thérapies qui ont la parole comme médium. Elle se pose essentielle dans l’institution judiciaire, dites la vérité, toute la vérité, et aussi, de fait, dans l’opinion publique en général où on lui prête des valeurs curatives.

Si on la traque autant aujourd’hui, c’est peut-être parce que, tout simplement, elle ne peut pas être. Le serment, jurer de dire la vérité, toute la vérité, la soutenait, lui donnant son poids de réel. Mais qu’en est-il de la valeur des serments pour celui qui ne croit pas?

Qu’est-ce qui se substitue à cela aujourd’hui? Qu’est-ce que la psychanalyse nous enseigne, et qu’est-ce que la psychanalyse permet? La vérité s’accorde-t-elle avec la réalité? Mais alors, qu’est-ce que la réalité?

La manière dont un sujet entre dans la réalité, construit sa part de réalité, c’est du domaine de la psychanalyse, au joint des mots, du corps, des effets de la parole, des satisfactions qui en découlent, des déceptions, des traumatismes qui l’accompagnent. La vérité relevant du domaine du discours, ne peut avoir comme dit Lacan, que valeur de fiction. On peut la supposer, on peut la rêver, la transformer, mais on ne butera pas sur elle. Le réel au contraire, et c’est ce que la psychanalyse en tant qu’elle est lacanienne, et en tant que c’est la découverte de Lacan, le réel est cette part de nous non symbolisée. Si elle ne se laisse pas réduire par les mots, elle peut néanmoins être serrée, extraite, identifiée. Se dévoile alors un savoir sur sa fonction causale dans les affects et les comportements humains.

Nous étudierons la place fondamentale du réel dans l’éclairage que l’on peut donner aux passages à l’acte, et à ce qui peut les retenir. Nous étudierons aussi ce qui se passe lorsqu’on ne se repère pas sur le réel. Qu’est-ce que ces autres pratiques mettent à la place du réel sinon quelques vérités éternelles et leur valeur générale, sur lesquelles la subjectivité singulière se cogne, laissant toujours tout le monde insatisfait? Ceci nous amène au savoir, un savoir sur le réel, à la possibilité de le rendre transmissible, à le faire toucher du doigt, à travers les cas particuliers de la clinique. Nous examinerons les cas qui relèvent de notre pratique éclairée par le réel, mais aussi les cas d’autres pratiques, par exemple, les cas de Rosenfeld, et des cas actuels des dits pervers narcissiques. Nous cheminerons entre vérité, certitude, réalité, réel, savoir.

Son argument très actuel rejoint des questions soulevées dès les premiers travaux de l’atelier et fait résonner cette « connexion » entre le discours psychanalytique et judiciaire.

Cette scansion, suscitant notre réflexion avant l’été, nous amènera à de nouvelles « Rencontres » qui s’ouvriront dès le début septembre.

Renseignements : danielelaufer@gmail.com

[1] Biagi-Chai, F., Le cas Landru, à la lumière de la psychanalyse, Imago, Paris, 2007