Samedi 2 juin à 14h30.

Amphithéâtre Jean Moulin | Bibliothèque de Périgueux.

Conférence de Myriam Chérel

Psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, maître de Conférence à l’université de Rennes 2, responsable du GRA – Groupe Recherche Autisme,auteure de Affinity therapy, nouvelles recherches sur l’autisme, PUR, 2015.

Ce que l’Affinity therapy nous enseigne.

Iris Grace a un peu plus de 3 ans, quand en juin 2013, la presse britannique relate massivement l’histoire de cette petite fille dont les toiles provoquent l’engouement sur le net, à tel point que ses tableaux s’arrachent à près de 800£. Les experts d’art parlent de « surprenantes peintures aux allures d’aquarelles impressionnistes », reconnaissent les « qualités plastiques des œuvres » et « apprécient la composition, l’utilisation des couleurs et de la texture »1. Le jeune âge bien sûr de la fillette et sa créativité hors du commun participent grandement au Buzz sur la Toile mais surtout le réel en jeu suscite l’émotion : à l’âge de 2 ans, Iris Grace est diagnostiquée autiste, un autisme sévère, au destin funeste. Pourtant, contre l’avis des experts, sa mère décide de se servir de toutes les passions de sa fille : « c’étaient autant de clés précieuses pour pénétrer dans son univers, m’approcher d’elle et approfondir notre lien »2. « Mon changement de perspective, écrit-elle, m’a permis de m’apercevoir que le dessin était un de ses grands centres d’intérêts »3. Dès lors c’est un véritable traitement du réel en jeu, des pulsions qu’Iris traite via la peinture aquarelle vers une ouverture au monde et à la parole.

Soutenir ainsi les inventions de chacun des autistes, traite la jouissance en excès, la localise vers une régulation de la libido, vers la création d’un lien, vers une ouverture au monde et aux apprentissages. C’est précisément ce que les nouvelles recherches sur l’autisme rassemblées sous le signifiant d’Affinity therapy4 diffusent actuellement. Et c’est ce que nous déplierons dans le détail. Mais, prendre appui sur l’intérêt spécifique de chaque autiste, sur son affinité ne peut se réduire à une méthode5. C’est bien plus que cela. Il s’agit d’un acte qui met la singularité du parlêtre au cœur de son fondement.

[1] L’express « Le génie pictural d’une fillette autiste », paru le 5 juillet 2013.
[2] Carter-Jonhson A., Iris Grace, Presses de la cité, Paris, 2017, p. 82.
[3] Ibid, p. 83.
[4] Perrin Chérel M. (dir.), Affinity therapy, nouvelles recherches sur l’autisme, PUR, Rennes, 2015.
[5] Rouillon Jean-Pierre, « Autisme et contingence : l’espace de la rencontre », Lacan Quotidien, n° 490.

Participation aux frais : 10€