Samedi 12 janvier 2019 de 9h à 17h30.

La clinique du détail en institution.

Pourquoi mettre l’accent sur le détail dans la clinique des enfants dont nous nous occupons ?  N’est-ce pas grâce à l’attention portée par Freud au lapsus et à l’acte manqué que le « petit détail » fut élevé au rang de formation de l’inconscient ?

Un détail retient l’attention, accroche l’œil, sonne bizarrement à l’oreille et c’est une perspective nouvelle qui s’ouvre. Etre attentif au moindre détail c’est aller vers le plus singulier d’un sujet, d’un écrivain, d’un peintre, d’un réalisateur. Et dans notre clinique être attentif au détail et aux détails de la vie quotidienne c’est d’en faire l’ombilic de trouvailles à venir et y déceler ce qui sera, peut-être, à la source de solutions à chaque fois singulières.

La clinique du détail est une clinique du fragment, du un par un qui met l’accent sur la singularité du sujet, sur son style, sur le plus intime de son être. D’y être sensible suppose d’en accepter sa différence, radicale.

C’est être attentif à sa lalangue d’où s’extraira le premier signifiant, c’est être attentif à une pratique de la trace et de la lettre.

Disons le d’emblée, cette attention portée au détail est une pratique du dérangement : elle dérange le parlêtre, elle dérange celui ou celle qui s’en fait le destinataire, elle dérange l’automaton de l’institution mais elle n’est pas sans effets : d’étonnement, de surprise,  de plaisir , de déplaisir aussi.

Cultiver l’intérêt pour le détail, n‘est-ce pas, dés lors, une tentative pour déjouer et mettre en pièce le profil, la catégorie et le global dont le risque est de générer une pratique qui ne fait pas de détail, une pratique à l’emporte-pièce négligeant  « pièces détachées » et  corps fragmentés. Pour le petit d’homme, en effet, le corps lui est décerné par le langage mais quand rate l’articulation du signifiant et du corps  la jouissance est à la dérive et c’est là qu’est requise l’implication du clinicien.

C’est une pratique qui prend à revers les contraintes de la norme, normes qui rassurent, faisant  oublier l’épuisement qu’elles génèrent. Pratique qui prend à revers les idéaux qui universalisent et  pressent  les professionnels pour aller contre la pente au défaitisme qui les guettent.

Alors quand règne l’empire de  l’évaluation  avec l’appui, souvent forcé, pris sur la science n’est-il pas paradoxal de s’interroger sur une clinique du détail ? C’est le pari que nous prenons.

Michel Neycensas

ITEP de Bellefonds
8 côte de l’Empereur | Cenon

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ARGUMENT & INSCRIPTION