Samedi 30 novembre 2019 | 9h30 à 17h30

Hotel Mercure, 81 cours Saint Louis, Bordeaux

Journée de l’Association Cause Freudienne Aquitania :« L’exil et l’étranger en nous » met l’accent sur la condition de l’être parlant toujours exilé, étranger à lui-même. C’est la découverte freudienne d’un inconscient dont le sujet ne veut rien savoir, un étrange étranger. La « crise migratoire » crée une tension très vive dans tous les états européens, notamment et, comme le dit Antonio Di Ciaccia, qui interviendra dans la journée : « toutes nos communautés se trouvent divisées par cet étranger… qui vient du dehors. Mais n’est-il pas le rappel symétrique de cet étranger qui m’habite ? ».¹Nous donnerons la parole à la clinique de ces sujets dits migrants. Parce que la clinique accueille la parole du sujet, au cas par cas. L’orientation lacanienne, c’est aussi ne pas s’inscrire dans des catégories ontologiques : du migrant, du mineur non accompagné ou du désinséré socialement. Parler de l’exil, c’est aussi parler de l’accueil fait à ces sujets dit migrants dans le lien social, en particulier au sein des institutions.Il y a un passage d’une langue à l’autre qui rappelle que le sujet est parlé et que sa langue intime, familière, sa lalangue (en un seul mot) est singulière. Quitter le monde de l’enfance est aussi un exil, car cette sortie de l’enfance évoque également la séparation et un remaniement des identifications qui fait écho à l’expérience de la migration. L’Unheimlich, chez Freud, renvoie à l’étranger en nous, à son inquiétante étrangeté qui fait de chacun un exilé. Jacques Lacan ne dit-il pas autre chose en forgeant le terme d’extimité à entendre, comme le précise Jacques-Alain Miller, « le plus proche, le plus intérieur tout en étant extérieur. » ? ² 

Nadia Macalli

¹ : Revue Mental n°38, p 17

² : J.-A. Miller, Extimité, cours inédit du 13 novembre, 1985