Séminaire de Bordeaux 2015-16

Animé par Rodolphe Adam et quelques autres

Commentaire du texte de Jacques Lacan « La science et la vérité », Écrits, 1966.

Le 1 décembre 1965, Lacan évoquait : « (…) un changement de style radical dans le tempo du progrès de la science, de la forme galopante de son immixtion dans notre monde, des réactions en chaîne qui caractérisent ce qu’on peut appeler les expansions de son énergétique » (Écrits, p. 855). La vérité de ce constat démultipliée par l’actualité d’un demi-siècle supplémentaire, nous amène à mettre à l’étude du séminaire d’études 2015-16 de Bordeaux « La science et la vérité ». Ce texte paru en 1966 dans les Cahiers pour l’analyse reprend la question fondamentale des liens de la psychanalyse à la science. Moins pour traiter celle, classique, de la scientificité de la découverte freudienne, que celle plus subversive de venir interroger par la psychanalyse les rapports de la science à la vérité et au sujet. Après la « subversion du sujet » étudiée l’an dernier, il nous faudra donc remettre à l’ouvrage les thèses nouvelles de Lacan en se demandant entre autre : pourquoi la psychanalyse n’a pu naître qu’après le geste cartésien du cogito ? La science faisant forclusion du sujet, pourquoi ce paradoxe qui fait que « le sujet sur quoi nous opérons en psychanalyse ne peut être que le sujet de la science » ? De plus, à l’âge d’or du structuralisme, Lacan réintroduit d’une manière inédite le problème de la cause. Examiner les quatre modalités de la vérité comme cause, nous permettra d’éclairer, au passage, pourquoi depuis 1966 la psychanalyse est priée de disparaître, pendant que la science, la religion et la magie n’ont cessé de croître dans la civilisation. Pour que la psychanalyse puisse réintégrer dans la considération scientifique certaines dimensions rejetées par le discours de la science, le texte formule une éthique nécessaire pour les psychanalystes d’aujourd’hui et de demain : « De notre position de sujet, nous sommes toujours responsables ».

Le séminaire se tiendra au local de l’ACF, 26 rue du Hà, à 21h30, les lundi :

30 novembre 2015 : Introduction générale

14 décembre : début du texte, p.855 jusqu’à p. 857 « … d’une façon qui montre mieux sa différence de tout autre ».

11 janvier 2016 : de p. 857 « Une chose est sûre : si le sujet est bien là… » jusqu’à p. 859 : « … que la psychologie rencontrera son échec ».

25 janvier : de p. 859 « Pour toutes les autres sciences de cette classe… » jusqu’à p. 861 « Le sujet est, si l’on peut dire, en exclusion interne à son objet ».

8 février : de p. 861 « L’allégeance que l’œuvre de Claude Lévi-Strauss manifeste… » jusqu’à p. 863 « … que sa praxis n’implique d’autre sujet que celui de la science ».

7 mars : de p. 864 « Il faut réduire à ce degré ce que vous… » jusqu’à p. 865 « … se dire que les deux côtés ne s’y emboitent pas ».

21 mars : de p. 866 « C’est pourquoi je me permettrai de le délaisser… » jusqu’à p. 868 « Nous n’avons plus pour les conjoindre que ce sujet de la science ».

4 avril : de p. 869 « Encore nous permet-il, et j’entre plus avant… » jusqu’à p. 871 « C’est une condition de la magie ».

9 mai : de p. 871 « Il ne s’agit sur ce que je vais dire de la religion… » jusqu’à p. 875 « … de la vérité comme cause dans la science est à reconnaître sous l’aspect de la cause matérielle ».

23 mai : de p. 875 « Mais ce sera pour en éclairer que la psychanalyse par contre en accentue l’aspect de cause matérielle » jusqu’à la fin du texte.

Vendredi 10 juin à 21h : Laurent Dupont, AE.           (Attention : il s’agit bien du 10 juin et non du 17 comme indiqué par erreur sur l’affiche)

Renseignements et inscription : Rodolphe Adam – 06 60 38 20 32

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