Les disputes font florès de nos jours, elles crèvent l’écran avec leur lot de paroles offensives, violentes, voire insultantes, haineuses, ceci sans honte aucune. Ces pathétiques querelles sont devenues un juteux fonds de commerce pour une partie de la presse ou de la politique. Peu importe l’horizon infâme qui s’en dégage, elles sont ainsi exploitées cyniquement comme l’un des plus-de-jouir de notre époque dont le filon pourrait sembler inépuisable.

Si cet usage du mot qui heurte, voire qui tue, n’a rien de nouveau, c’est plutôt la conjonction de sa prise dans la spirale du discours capitaliste avec l’avènement de l’ère de la post-vérité, qui fait de sa course effrénée un symptôme de notre modernité.

A l’envers de cela, « la psychanalyse, son exploit, c’est d’exploiter le malentendu » nous indique Lacan. Voilà le fil de ce numéro de Tresses. L’exploiter consiste en un maniement qui ne nie pas le réel, contrairement à ces esbroufes contemporaines qui ne mènent qu’au tourbillon de l’enfer de l’interprétation, jusqu’à la maladie du complotisme. 

Exploiter le malentendu fondamental est notre boussole lacanienne, là où s’ancre la praxis du psychanalyste, l’acte de l’artiste aussi bien ; pas sans disputeS

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Bruno Alivon