Matinées de Biarritz

Le contexte actuel incite à l’invention, aussi Les matinées de Biarritz vont pour la première rencontre de cette année se déplacer en soirée.  

Le premier rendez-vous, autour du thème soutenu par le désir de Bruno Alivon « Le temps avec Lacan », se tiendra le vendredi 26 février à 21h en visioconférence.

Pour participer aux « Matinées–Soirées » de Biarritz, écrire à danielle.fournol@orange.fr, qui vous fera parvenir le lien d’inscription en ligne et de participation aux frais.

 « Le temps avec Lacan »

«  Nos sociétés contemporaines sont celles des femmes et de l’homme pressé, entre la gourmandise des satisfactions immédiates toujours plus facilement accessibles et les injonctions de rentabilité inhérentes au discours capitaliste.

Mais le moment est aussi celui de la crise chronique, où les signifiants traditionnels ont révélé leur caractère de fiction, et où la possibilité de se solidifier dans la durée n’est plus laissée aux nouvelles formes de lien ou tentatives d’arrangement. La crise ne cesse de déboussoler notre temps et la stimmung actuelle pourrait s’articuler à des signifiants tels que fragilité, précipitation, ou éparpillement.

Il est d’ailleurs fréquent que les motifs d’adresses aux psychanalystes soient des souffrances subjectives singulières qui en découlent (pouvant trouver à se formuler à travers le burn out, l’addiction, la phobie sociale, etc.).

Notons par ailleurs que le rapport singulier au temps, au cas par cas, fût l’un des éléments symptomatiques mis en exergue par le récent coup d’arrêt imposé par la pandémie de Covid-19. Tâchons donc cette année d’y voir plus clair afin, comme nous y invite Lacan, de ne pas nous laisser balloter par la spire de notre époque[1].

L’assertion freudienne selon laquelle l’inconscient ne connaît pas le temps[2] est ici percutante et rappelle à quel point le concept du temps est noué à la psychanalyse depuis ses débuts. C’est un nouage intime qui va notamment de la question de la durée d’une séance, à celle d’une analyse menée à son terme, en passant par celle de la temporalité propre aux événements que sont les formations de l’inconscient, celle de l’interprétation, ou encore le temps nécessaire à l’analysant pour que se dépose un savoir qui en découle.

Nous ne ferons pas l’impasse sur les apports essentiels de la philosophie et de la science à ce propos, mais c’est bien de l’enseignement de Lacan que nous nous orienterons afin de saisir de plus près comment Le temps avec Lacan nous mène à ce qui fait le plus singulier de chaque parlêtre, au cœur palpitant donc de la pratique analytique. »

Bruno Alivon

Trois rendez-vous : sur inscription

–          26 février 2021 à 21h : Le présent, « ce passé qu’il est déjà » ; instant de voir, temps pour comprendre et moment de conclure.

Lacan J., Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée, Ecrits, Paris, Seuil, 1966.

–          29 mai 2021 : Surprise. 

Jacques Lacan a inscrit l’inconscient comme événement dans la trame du temps. Dans son séminaire XI, à partir des concepts de tuché et d’automaton empruntés à Aristote, il fait saillir la tuché comme « rencontre du réel ». Le désir de l’analyste se rapporte ainsi à ce qui surgit de façon imprévisible, affine à la surprise, et à la temporalité de l’éclair.

Abordée sous cet angle la séance analytique installe donc une régularité, un automaton, où peut s’inscrire l’imprévu, l’inattendu qui fera événement. 

Le propre de l’opération analytique, via le transfert, sera de faire que ces effets de sujet, disruptifs, s’accumulent sous forme de savoir. Qu’un autre savoir y faire avec la pulsion s’en élabore.

Nous explorerons aussi comment, dans ce séminaire décisif quant à l’orientation de la psychanalyse vers le réel, Lacan reprend à nouveau frais l’apologue des prisonniers. Il distingue l’inconscient comme foncièrement « non-réalisé », avec dès lors comme référence fondamentale le futur.

Nous nous enseignerons par un cas clinique d’un abord singulier de cette dimension. 

Bruno Alivon

 –          25 septembre 2021 : Le présent épais de l’objet a et le symptôme ; le temps de savoir y faire.

Miller J.-A., « Introduction à l’érotique du temps », La Cause freudienne, n°56, mars 2004.

Pour se procurer les textes cités en références bibliographiques, et pour y participer s’adresser à danielle.fournol@orange.fr

[1] Lacan J., « Fonction et champ de la parole et du langage », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 321.

[2] « Les processus du système Ics sont intemporels, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas ordonnés dans le temps, ne sont pas modifiés par l’écoulement du temps, n’ont absolument aucune relation avec le temps. » (Freud S., « L’inconscient », Métapsychologie, Paris, Gallimard, 1968, p. 96).