TOP. TSA. TND… Lorsque le trouble de l’enfant – ce qui, de l’enfant, trouble la famille – est accueilli par un Autre qui sait déjà, le discours de l’enfant et de sa famille tend à être annihilé, écrasant au passage la vitalité que comporte le discours singulier de ce groupe -parents et enfant – qui fait famille. Il n’y a alors pas de place pour le malentendu, pour la surprise. La parole est réduite à une dimension univoque.

« Le “trouble”, c’est un trait d’une-bévue, mais accueilli, sans le secours d’un voile sur la lettre par quelqu’un qui se confère l’attribut du savoir ». C’est ce que nous indique Daniel Roy dans son formidable texte d’orientation en direction de la JIE7 « Parents exaspérés-enfants terribles »[1].

L’expérience psychanalytique fait une place au trouble dans sa dimension de bévue, c’est-à-dire de manifestations de l’inconscient à travers ce qui achoppe, ce qui rate. L’analyste tend l’oreille aux langues qui fourchent, qui bafouillent, de façon toujours singulière. C’est à cette condition qu’une place peut être faite à la lalangue propre à chacun. Le trouble est alors accueilli par l’analyste comme « la trace que quelque chose a eu lieu ». C’est dans ce quelque chose que s’est logé le malentendu, malentendu qui porte sur la jouissance et que nous tentons de saisir dans la trame du discours de chacun.

« La famille n’est plus un signifiant donné à l’avance »[1]. Il s’agit alors d’interroger, à partir du symptôme d’« enfant-le-terrible », la manière dont l’enfant se débrouille du désir des parents, symptôme qui est à la fois trait d’union et de séparation entre parents et enfant. 

Les familles post-modernes que nous recevons en analyse sont des familles-bévue qui ressortent de la logique du pas-tout. Cette logique ouvre à l’invention et au bricolage, pas sans le travail sous transfert avec un analyste. Nous faisons l’expérience que les figures très ouvertes de la famille sur lesquelles l’enfant peut, ou non, s’appuyer excèdent désormais la dimension de papa-maman. Aussi, la crise a pris une place prépondérante, « ce n’est pas la famille qui est en crise, c’est la crise qui est au fondement de la famille »[1]. 

Tout au long de cette nouvelle année de travail, nous nous laisserons troubler, au cas par cas, par le discours des enfants et de leur famille dans la cure analytique -que celle-ci ait lieu en cabinet ou en institution.

[1] Roy D., « Parents exaspérés- Enfants terribles », texte d’orientation vers la JIE7, disponible sur internet.