SUJET DE L’INCONSCIENT, SUJET DE DROIT

J’ai le droit !…Et alors ?

Avec Nathalie Jaudel, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP

Le Samedi 11 décembre 2021 de 9h30 à 17h30 – accueil à partir de 9h à l’Hotel Mercure – 81 cours Saint Louis 33000 Bordeaux

Inscription : 40 euros – 10 euros étudiants & demandeurs d’emploi

Renseignement auprès de Catherine Lacaze-Paule : 06 13 90 94 05

Argument

« J’ai le droit, j’y ai droit, j’ai tous les droits » autant d’expressions passées dans la langue commune qui scandent nos rapports et nos transactions avec les autres, améliorant ou détériorant notre lien social. 

Par ailleurs, dans tous les domaines : éducation, santé, soin, information, l’expansion du domaine du droit dans notre société s’impose pour tout un chacun comme une référence obligée. Or si le droit a le pouvoir de « répartir, distribuer, rétribuer ce qu’il en est de la jouissance » (1), le droit n’est pas le devoir. Si le droit dirige et le devoir implique, il reste que « rien ne force le sujet à jouir…sauf le surmoi » (2). Le droit engage donc le champ du désir et de la jouissance sans tenir compte de la subjectivité de celui auquel il s’applique.

Jacques-Alain Miller indique que le sujet de droit est identique à lui-même (3). C’est celui qui sait ce qu’il dit et sait ce qu’il fait. On lui suppose une intention connue, une continuité, voire un déterminisme. Or rappelait-il le sujet de l’inconscient, dans un autre champ, est justement le sujet qui ne sait pas ce qu’il dit. Il commet des actes manqués, des lapsus, il rêve, rate et rit, refoule, oublie ce qu’il sait. C’est un sujet à interpréter. L’inconscient est faille, rupture, il se manifeste comme vacillement, il ouvre à l’interprétation. Le sujet de droit revendique et le sujet de l’inconscient réplique. A moins que ce ne soit l’inverse ? 

Nous nous interrogerons avec nos invités sur cette expansion du droit, sur ses conséquences dans la civilisation et les subjectivités contemporaines. Nous explorerons les incidences sur le droit lui-même, son lien avec les avancées de la science et l’IA qui s’invitent dans le débat, le droit de tout savoir et le devoir de ne pas tout dire, sur le phénomène des questions trans et sa prise en compte dans le champ de l’éducation, sur la standardisation managériale des pratiques qui a pour effet l’interdiction ou la limitation des pratiques de l’interprétation. Des cas cliniques montreront comment « j’ai le droit » est tantôt une impasse pour le sujet ou un ressort pour prendre la parole auprès de ceux qui savent l’entendre. Enfin des analystes de l’école en exercice nous transmettrons leur expérience quant à la dimension du sujet de l’inconscient. 

1 Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p 10.

2 Ibid.

3 Cf Miller J.-A., « La question trans dans la psychanalyse et pour la psychanalyse », Intervention lors de l’Ouverture (15h) au colloque de L’Espace analytique « Interroger la féminité aujourd’hui », deuxième acte « La féminité, le phallique et la question transsexuelle », Paris, 29 mai 2021.