Quand l’enfant trouble la famille

Quelle place le psychanalyste fait-il au symptôme, nœud de signifiants et de jouissance, à une époque où celui-ci tend à être réduit à un trouble organique, cérébral qu’il s’agirait d’éradiquer ?

HPI, HPE, TND… De nouveaux acronymes réalisent une poussée dans le langage et, telle une holophrase, s’avancent, drapés d’un pseudo-scientisme, comme porteurs d’une vérité indiscutable. Le symptôme de l’enfant et la crise qui peuvent survenir et bouleverser une famille, ne seraient plus à interpréter. On voudrait faire taire le sujet en le réduisant à un organisme qui dysfonctionne.

Pour autant, la clinique d’orientation psychanalytique, en institution ou en cabinet, nous enseigne que réduire le symptôme de l’enfant à un trouble organique ne saurait faire table rase de la jouissance, toujours troublante, à laquelle le sujet a à faire. Pour l’enfant, la rencontre avec un analyste peut être l’occasion de déplier les questions qui le troublent quant au désir et à la jouissance en jeu dans sa venue au monde. Elle peut également avoir pour visée de « redonner aux parents la fonction d’accueillir ce que l’enfant énonce ».

Nous citons là les propos de Valeria Sommer-Dupont, psychanalyste en région parisienne, membre de l’ECF et de l’AMP et nouvelle coordinatrice du réseau du CEREDA, que nous avons le plaisir d’inviter lors de cette après-midi clinique. Nous interrogerons avec elle, notamment à partir de vignettes cliniques, l’intérêt parfois de faire un pas de côté, de ne pas comprendre trop vite ce qui se présente comme trouble chez l’enfant et sa famille. C’est bien l’accueil fait aux dires de chacun qui permettra de donner l’élan à l’invention de solutions singulières.