Dé-couvrir l’inconscient, Le Mardi 15 novembre 2022

À l’orée d’une analyse, on découvre qu’il y a dans la parole quelque chose qui nous échappe radicalement. On s’initie alors lentement au décryptage des rêves, des lapsus, des oublis, et plus on y est assidu, plus nous échappe ce qui nous fait revenir, séance après séance… expérience unique à laquelle on peut prendre un goût immodéré. Alors qu’aujourd’hui cette distance entre énoncé et énonciation tend à se dissoudre et que s’étend toujours plus le règne d’une parole indivise – une parole qui ne tremble pas – nous allons nous intéresser à ce qui a permis à Freud de déplier sa théorie à partir de ce qu’il a appelé « la voie royale d’accès à l’inconscient » : le rêve – là où, justement, plus qu’à tout autre moment, le sujet ne sait pas ce qu’il dit ! C’est aussi parce qu’il a écouté, comme personne avant lui, les rêves de ses patients – phénomènes répétitifs et loufoques d’une inventivité infinie – que Freud a déduit logiquement l’existence de l’inconscient. Apprendre à lire son rêve, à le saisir, à tenter de le cerner sans jamais tout à fait en faire le tour, c’est ce à quoi Freud nous initie : une grammaire, une attention au signifiant, inédites. C’est à partir de cet inédit et des surprises qu’il nous réserve que je vous propose de « découvrir l’inconscient » !