DU CRI À LA CRISE CE QUI NOUS MOBILISE

Prochaine soirée le 6 décembre à 21H sur place ou en visioconférence

L’argument de l’année 2022-2023

« Il crie tout le temps », « il refuse tout », « il est hypersensible» sont les plaintes contemporaines des parents qui s’exaspèrent de leurs enfants. Celles-ci se regroupent souvent sous le syntagme « il fait des crises ». Plus qu’exaspérés, les parents se trouvent souvent démunis d’être pris en tenaille entre deux discours antagonistes, l’un prônant l’éducation positive et bienveillante tandis que l’autre pointe le laxisme dévastateur de celle-ci comme cause de tous ces maux. Il arrive alors que ces familles s’adressent à un psychanalyste, pour tenter de mettre en forme leur désarroi. Ni réactionnaire ni progressiste, l’éthique du discours analytique se situe sur une ligne de crête. Si la « crise est le principe organisateur de la famille », nous avons à saisir quelles sont les opérations qui la sous-tendent. Détricoter ce signifiant à tout faire, et viser à « décompacter la famille holophrase ».

C’est l’interprétation donné par l’Autre (la mère ou l’adulte qui s’occupe de l’enfant) au cri du bébé qui opère sa transformation en demande. C’est cet acte qui sera à l’origine du hiatus, lit du malentendu fondamental et nécessaire, entre parents et enfants.

Dès la constitution de ce premier appel, à quoi satisfaisons-nous lorsque nous répondons à la demande de l’enfant ? La différer, la devancer, la rabattre sur le besoin ou l’objet, autant de réponses qui marqueront la dialectique du désir chez les petits sujets.

C’est souvent l’irruption du non, tant du côté des parents que des enfants, qui, comme une étincelle, provoque la crise. On dit alors de l’enfant qu’il est « intolérant à la frustration ». Mais dans le fond de quoi s’agit-il? Il existe un écart irréductible entre la demande et ce qui est demandé générant une insatisfaction structurale. Interrogeons-nous aussi sur ce qui fait autorité aujourd’hui. Qu’est-ce qui fait que ce « non » ne peut être accueilli par les parents ? Est-ce encore un écart, celui séparant l’enfant idéal phallicisé, de l’enfant objet, être de jouissance ? Voilà pour nous une piste de réponse.

Enfin, la crise ne serait-elle pas l’expression d’un malentendu fondamental entre parents et enfants ? Malentendu d’origine quant à l’irréductible d’une transmission qui s’origine dans la lalangue privée de chaque famille. « L’homme naît malentendu » disait Lacan, nous aurons à y revenir.

Soulignons aussi que de ces écarts naissent des inventions, singulières et précieuses, pour parer au non-rapport de parenté.

Dans le fil de la prochaine Journée de l’Institut de l’Enfant « Parents exaspérés – Enfants terribles », nos soirées seront l’occasion de déplier ces questions brûlantes pour notre praxis analytique auprès des enfants, pas sans leurs parents.

Anaïs Adam,

Pour la commission d’organisation du groupe Che Vuoi ?

Renseignements : groupechevuoi@yahoo.fr

06 50 62 53 61