Victime : du silence au vacarme ou nécessité du bien dire

Pour cette 7ème année de travail, nous faisons le pari de reprendre notre projet à l’envers !

Né du désir d’experts psychologues examinant, à la demande du juge, des hommes ou femmes somme toute ordinaires, cet atelier a fait valoir comment leurs passages à l’acte « hors sens », hors de toute représentation imaginaire, les confrontaient à un réel « indicible ».

Expertiser les supposés auteurs de passage à l’acte et les supposées victimes n’est pas du même ordre. Cependant, pour chaque sujet rencontré, nous tentons d’être au plus près de sa logique subjective, de sa « vérité », du fait même d’être dégagés de l’issue du procès. 

En suivant ce fil, une question cruciale issue de nos échanges s’est posée à notre atelier : serait-il plus difficile de se confronter à l’horreur qu’ont rencontrée les victimes ?  La réponse s’est alors imposée : n’avions-nous pas jusque-là évité ce réel ?

L’atelier de criminologie lacanienne, qui n’est pas un atelier de victimologie, est le lieu qui nous permet d’approcher la logique pulsionnelle à l’œuvre et la singularité de chaque parlêtre. Si l’auteur passe à l’acte du fait d’un excès de jouissance qu’il ne peut contenir par des mots, la victime elle-même ne se retrouve-t-elle pas sidérée par cette double effraction de jouissance, celle de l’autre sur elle ou en elle mais aussi celle qui surgit en elle la confrontant à un indicible ? 

Et pourtant dans notre modernité beaucoup se sont mis à écrire ce qui se nomme « leurs témoignages ». Les victimes s’étaient longtemps tues, restant dans le silence… 

De nos jours, les artistes, les écrivains nous ouvrent la voie. Aaron Appenfeld, Amigorena H. Santiago écrivent alors que les mots de leur propre langue les ont désertés. 

Christine Angot, Vanessa Springora, Camille Lelouch, ont par leur plume permis de condamner l’inceste. La victime n’est pas consentante, ont-elles réussi à faire entendre. 

C’est cela que nous nommons la reprise de notre projet à l’envers en nous faisant les passeurs de ces témoignages vivants.

Loin du vacarme de l’opinion publique, respectueux de la part silencieuse au cœur de chacun(e), nous allons poursuivre notre échange avec des professionnels de la justice, magistrats, avocats, des travailleurs sociaux, des psychanalystes, et tous ceux intéressés par ces questions de société fondamentales. 

Comme l’année passée, nous nous enseignerons de la clinique des cas et vignettes présentés.

Si vous souhaitez intervenir, ou voir une question mise à la réflexion et à l’échange n’hésitez pas à nous contacter : danielelaufer@gmail.com

Pour démarrer, nous entendrons le JEUDI 29 SEPTEMBRE, à 21H par ZOOM, Isabelle Durand psychologue à Strasbourg, membre de l’ACF. « Pourquoi tant de malaise ? Paradoxes de la jouissance et travail de civilisation ». 

Intervention initialement prévue le 17 juin, et reportée du fait de la canicule.

Nous nous réunirons ensuite environ tous les deux mois au local de l’ACF, 26 rue du Ha, Bordeaux, de 21h à 23H.

Nous vous demandons de vous réinscrire par mail auprès de danielelaufer@gmail.com d’ici le 15 septembre si vous souhaitez faire partie de la liste de diffusion.

Les dates envisagées sont : le 13 octobre, le 08 décembre, le 12 janvier, le 09 mars, le 08 juin.

Le 13 octobre, nous déplierons le thème de l’année et inviterons un membre de l’ECF à nous présenter les prochaines journées de l’ECF J52 : « Je suis ce que je dis » « dénis contemporains de l’inconscient » (19 et 20 novembre).

Nous envisageons une soirée sur Stéfan Zweig : P. Lacadée nous présentera ses deux livres sur cet auteur contemporain de Freud si sensible aux désarrois humains, lui qui comme Freud fut victime des nazis.

Et plusieurs autres sujets suscitent notre désir de « gai savoir » ! Nous vous en ferons bientôt part.

ARGUMENT DE LA SOIRÉE DU 13 OCTOBRE 2022

« Le 13 octobre prochain, 26 Rue du Hâ, à 21h, nous inaugurons notre première soirée de travail de l’Atelier de Criminologie Lacanienne. Cette année, renversement, nous nous intéressons aux victimes. 

Lors de cette soirée, nous prévoyons quatre interventions courtes pour laisser place aux échanges.

Michèle Elbaz, psychanalyste à Bordeaux, membre de l’ECF et de l’AMP, nous présentera le thème des prochaines journées de l’Ecole de la Cause Freudienne, les J52 : Je suis ce que je dis. Dénis contemporains de l’inconscient. Elles auront lieu en visioconférence (zoom) les 19 et 20 novembre 2022

Ensuite, les responsables de l’atelier Danièle Laufer et Alexandra Pruvot introduiront et déplieront quelques éléments d’explicitation du choix du titre : « Victime : du silence au vacarme ou nécessité du bien-dire ».

Danièle Laufer illustrera cette reprise à l’envers sous le titre : « Qu’est-ce que répondre du crime ? »

Alexandra Pruvot fera un retour sur quelques « Eléments d’une enquête sur la condition de victimes ».

Puis, Josette Rico, passionnée de littérature nous parlera du roman Jézabel d’Irène Némirovsky. Nous verrons avec elle ce qui a guidé son choix et en quoi ce roman de 1936 reste d’actualité et éclairant pour notre thème de l’année. »