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Section clinique de Bordeaux
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Clinique et traitements de la crise

Le mot crise a donné celui de critique qui vient de krino, juger en grec. Il y a donc dans la crise quelque chose de la discrimination, de la distinction, de la séparation de choses qui paraissaient confuses. C’est pour cela que la crise en médecine était et est encore un moment décisif où se joue le sort du malade.

Souvent le sujet demande de l’aide dans un moment de crise, subjective bien-sûr, mais aussi conjugale, professionnelle, spirituelle. Ce qui est nouveau dans nos temps modernes, c’est que les crises reviennent régulièrement sous forme collectives, sociales mais aussi économiques. Ce qui paraît encore plus nouveau c’est le surgissement de la crise sous une forme sanitaire, là où les avancées de la science faisaient croire à une zone abritée.  

La crise comme critique a été un instrument de la pensée des lumières. Elle  a, plus tard, servi à rendre compte des crises sociales. Aujourd’hui les idéaux sont aussi en crise, de même le lien social qui fait communauté. Freud avait bien perçu que dans la crise de 1929 que la culture, la civilisation, portait en elle le germe de sa destruction : elle n’allait pas sans malaise. Aujourd’hui il est évident que les sexes ne sont pas des complémentaires et que le « vivre ensemble » est mis en cause par les communautarismes les plus variés. Nous étudierons au cours de la première session un ensemble de textes qui pourront nous éclairer sur la question de la crise.

La limitation de la course à la consommation qui avait été initiée à la fin de la seconde guerre mondiale apparaît aujourd’hui comme une urgence, celle de la planète. Mais il ne s’agit pas seulement d’écologie. C’est bien le régime des jouissances qui est en crise.   On est passé des années du désir (et donc de l’éloge du manque) à celui du plaisir et de son au-delà dans le « plus de jouir ».

Aujourd’hui ce mode de vie est, dans son fond, remis en question.

La psychanalyse apporte à ce niveau des réponses individuelles, au un par un, mais aussi des réponses pour le collectif. Le psychanalyste est un « ami de la crise ». Il ne la refuse pas mais accueille celle qui se présente pour permettre à chacun de trouver une issue et de s’en servir pour mieux distinguer ce qui vaut le prix d’une vie.

Comme la crise, le réel pour Lacan revient à la même place. Le réel, « c’est tout ce qui ne va pas, ne fonctionne pas, qui s’oppose à la vie de l’homme et à l’affrontement de sa personnalité ». 

(Lacan, 1974 sur la crise de la psychanalyse : il n’y a pas de crise de la psychanalyse)